L’ennéagramme et la respiration : un outil pour reprendre du pouvoir

L’ennéagramme est un merveilleux outil de connaissance de soi et de croissance personnelle qui étudie nos modes de fonctionnement inconscients pour voir les motivations cachées de nos comportements. Si vous n’êtes pas familier de cette approche de la psyché humaine, votre lecture de cet article gagnerait à ce que vous fassiez d’abord un petit tour d’horizon de ce modèle de personnalité en partant à la découverte des ressources de ce site.

Beaucoup de formations proposent une perspective assez mentale pour analyser la dimension psychologique cachée de nos comportements. Mais le système de l’ennéagramme précise bien que nous avons trois centres distincts, qui participent tous à ce qu’on évite à tout prix. Au niveau physique, il y a donc des conséquences au niveau de la façon de se tenir, de la façon de marcher et aussi de la façon de respirer.

Et la relation fonctionne dans les deux sens ! En jouant sur les postures et façons de respirer, on peut faciliter l’interruption d’un mécanisme compulsif. Et prendre conscience de sa respiration aide à identifier l’énergie de la stratégie à l’œuvre à l’instant présent.

ennéagramme et respiration

Les liens entre la façon de respirer et l’état psychologique interne

La respiration est une activité indispensable à la vie, que nous effectuons en permanence, le plus souvent sans y prêter attention. Pourtant, la façon dont nous respirons est étroitement liée à notre état psychologique interne et des études scientifiques l’ont démontré. Notre type de respiration reflète nos émotions, nos tensions et notre niveau de stress. À l’inverse, modifier consciemment sa respiration est un outil puissant qui peut également influencer notre état mental et émotionnel, et de nombreux exercices sont disponibles pour expérimenter cela.

Comprendre les liens entre respiration et psychologie permet d’utiliser cet outil simple et naturel pour mieux réguler ses émotions, ou pour la gestion du stress et des disciplines comme la méditation, le yoga ou la technique moderne de la cohérence cardiaque y trouvent un de leurs fondements. Notre manière de respirer change naturellement en fonction de ce que nous ressentons. Lorsqu’une personne est stressée, dans la peur ou en colère, sa respiration devient souvent plus rapide, plus superficielle et centrée sur la poitrine. À l’inverse, lorsqu’elle est calme et détendue, le type de respiration est généralement plus lent, plus profond, plus propice à l’ancrage et mobilise davantage le diaphragme. Notre respiration est un véritable miroir pour découvrir l’état psychologique interne.

Et cette relation entre respiration et état psychologique fonctionne dans les deux sens. Si les émotions influencent la respiration, l’inverse est également vrai : l’utilisation de sa respiration peut transformer son état intérieur. Avec le temps, certaines personnes développent des habitudes respiratoires qui peuvent influencer leur équilibre psychologique. Par exemple, une respiration constamment courte et superficielle peut maintenir le corps les conditions d’un état de vigilance excessive, favorisant l’anxiété ou la fatigue. À l’inverse, une respiration ample et régulière favorise une meilleure oxygénation du corps et soutient un état de détente plus durable, et de nombreux exercices utilisent ce principe pour nous rendre la vie plus facile.

Prendre conscience de sa respiration constitue donc une première étape importante pour améliorer son bien-être et sa santé physique. En observant simplement comment on respire dans différentes situations, il devient possible de mieux comprendre ses réactions émotionnelles. Au delà de sa fonction biologique essentielle, la respiration est un outil simple pour mieux comprendre et réguler notre état émotionnel et psychologique.

Application pratique de cette vérité fondamentale à l’ennéagramme en lien avec la respiration

Pour illustrer ceci, je vous propose de considérer comment la manière de respirer de trois stratégies différentes est au service de leur objectif et la manière de contrecarrer la compulsion en jouant sur ce paramètre.

Prenons les moments où notre sujet exprime une préférence pour la stratégie 2, pour avoir un cas de figure d’une activité privilégiée du centre émotionnel. De par son centre émotionnel qui s’exprime, il va avoir tendance à éprouver des tensions au niveau du diaphragme et de la poitrine. Le haut du corps est expressif et plein d’énergie, mais le bas du corps lui est souvent difficile à sentir. Discutant beaucoup avec autrui par nature, leur empathie peut leur faire suspendre leur respiration quand ils écoutent les réponses de l’autre. Ils fonctionnent donc souvent avec une respiration haute. Dans ce cas de figure, il pourra être particulièrement bénéfique de respirer avec le ventre pour s’ancrer davantage et entrer en contact avec ses besoins.

Prenons à présent les moments où la stratégie 6 est au travail, comme manifestation d’une préférence pour le centre mental. Son système nerveux est en mode survie, et permanence aux aguets des signaux envoyés par le monde qui l’entoure, prêt à fuir ou à combattre. Craignant pour sa sécurité, pour rester toujours en alerte, il adopte inconsciemment une respiration rapide et superficielle qui peut parfois se repérer dans une façon de parler un peu hachée et parfois bégayante. Dans ce cas de figure, il sera intéressant d’adopter une respiration lente et profonde, qui sera relaxante et atténuera la sensation subjective de danger permanent grâce à un meilleur ancrage.

Prenons enfin la stratégie 9, pour représenter une priorité du centre instinctif. L’individu apprécie alors de rester confortablement dans un état de détente, à l’écart du conflit. Sa respiration ventrale lui permet de facilement fusionner avec les autres à partir de ses “tripes”. En respirant avec la poitrine, le 9 se donnera un tonus supplémentaire pour sortir de l’inertie qui le menace et accepter de se confronter au monde.

Ainsi, on voit à travers ces exemples que ce qui permet d’inscrire naturellement une compulsion dans le temps peut être un outil d’interruption du mécanisme pour une autre.

  • La stratégie 2 respire souvent avec la poitrine et gagnera à adopter une respiration ventrale.
  • La stratégie 6 respire souvent superficiellement et gagnera à adopter une respiration lente et profonde.
  • La stratégie 9 respire souvent avec le ventre et gagnera à plus respirer avec la poitrine.

Les différents ressentis corporels de chaque type et la manière d’en tenir compte pour interrompre l’activité des mécanismes compulsifs, à la fois pour son développement personnel et comme technique pour accompagner ses clients vers une meilleure gestion des stratégies qu’ils déploient, sont abordés dans le cadre du cursus de ‘Praticien en ennéagramme envolutif’

Jean-Philippe VIDAL
le 5 novembre 2008

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