Le processus des niveaux logiques de Dilts

L’échelle, parfois aussi qualifiée de pyramide, des niveaux logiques de Dilts est un modèle, une grille de lecture qui a révolutionné la PNL et sa pratique, et fait référence à des niveaux de l’expérience humaine organisés hiérarchiquement,  à l’intérieur d’un individu ou d’une équipe. A partir des travaux Grégory Bateson, anthropologue, psychologue et épistémologue, sur les niveaux d’apprentissage et de changement, Robert Dilts a établi ce système des niveaux logiques de la pensée, ainsi qu’un protocole d’alignement des niveaux qui est un outil essentiel en PNL. Cette grille d’analyse permet par exemple de réfléchir aux processus de changements, à la cohérence d’un projet, et de modéliser à quel contexte de fonctionnement se rapporte un questionnement donné, par l’utilisation des niveaux.

L’utiliser aide considérablement à clarifier ses idées, à faire le tri dans une situation, et engendre une forte motivation dans la concrétisation d’un objectif personnel ou collectif.

Ennéagramme, Dilts et Bateson

Les six niveaux logiques successifs

La fonction de chaque niveau est de synthétiser, organiser et diriger les interactions du niveau situé immédiatement en dessous. Selon le modèle initial, changer quelque chose à un des niveaux supérieurs se répercuterait nécessairement vers le bas, ce qui précipiterait des changements sur les niveaux inférieurs, dans une vision favorisant une recherche de solution par un travail au niveau supérieur. Changer quelque chose à un niveau inférieur semble influencer les niveaux supérieurs, mais ne donnerait pas toujours obligatoirement de résultat.

La  méthode est largement utilisée de nos jours en coaching et en conduite du changement, qu’il s’agisse d’une question de développement personnel, ou d’une thématique professionnelle liée au management, au leadership, ou à la communication au sein d’une organisation.

Mais assez de concepts et plus de concret !

  • Le niveau « Environnement »

    C’est le contexte dans lequel l’individu se trouve plongé et évolue : les personnes de l’entourage, le cadre géographique, social, économique, les ressources externes à sa disposition, les contraintes temporelles qui s’imposent.

  • Le niveau « Comportement »

    Ce sont les actions que l’individu effectue dans son environnement. C’est le seul aspect qu’on puisse objectivement connaître de quelqu’un sans savoir ce qui se passe dans sa tête, les comportements étant objectivement observables. C’est d’ailleurs le fondement du courant de pensée comportementaliste (behavioriste) de la psychologie.

  • Le niveau « Capacités »

    Ce sont les compétences que possède un individu pour réaliser des comportements, qu’il le fasse effectivement ou pas. C’est donc aussi le domaine des apprentissages, permettant d’acquérir de nouvelles compétences.

  • Le niveau « Croyances »

    Ce sont les éléments de compréhension du monde que l’individu croit vrais et qui assurent un rôle de perception d’une stabilité de la réalité. En connexion avec le réseau des croyances, des valeurs émergent, qui marquent les éléments qui sont importants pour l’individu.

  • Le niveau « Identité »

    C’est le sentiment d’être unique, qu’il y a quelque chose qui ne change pas à travers la vie. C’est une perception de ce qui nous définit profondément et influence tous les niveaux précédents. Ce niveau répond à nos questionnements sur « qui je suis », au delà de nos croyances et de nos valeurs qui changent en fonction de nos expériences de vie.

  • Le niveau « Transpersonnel »

    Ce niveau est relatif à la manière dont l’individu interagit avec plus grand que lui, avec une totalité dont il est partie. Il y est question d’appartenance et de missionCe sixième niveau, que l’on peut parfois appeler « spirituel », peut se définir comme un type de «champ relationnel» embrassant de multiples rôles donnant forme à un sentiment d’appartenance à un système, au-delà de son identité individuelle. Il est relié à notre quête de sens dans la vie.

En PNL, le coach peut utiliser ce modèle des niveaux logiques de Dilts, ainsi classés hiérarchiquement, pour identifier à quel niveau se situe le problème d’une personne. La technique consistera alors à agir au niveau supérieur, car un changement effectué à un niveau donné aura des répercussions qui vont potentiellement modifier tous les niveaux inférieurs. En effet, souvent, on ne peut pas résoudre une problématique au niveau où il se situe et il est plus judicieux d’agir à un niveau différent.

L’ennéagramme des processus pour révéler la face cachée des niveaux logiques

Facette méconnue de l’approche ennéagramme, l’ennéagramme des processus est une façon particulière de modéliser tout processus visant une valeur ajoutée, et nous guide vers une perception profonde de ceux-ci. Si vous n’êtes pas encore familier avec cet outil puissant et efficace de compréhension systémique, pour pleinement bénéficier de la suite de cet article, nous vous invitons à découvrir en premier notre page sur cette autre facette de l’ennéagramme, pour avoir en vue ses fondamentaux.

Revenant aux niveaux logiques, nous constatons que :

  • « Environnement » et « Comportements » sont des observables, et donc mesurables dans l’espace et dans le temps.
  • « Capacités / Apprentissages » et « Croyances / Valeurs » sont des mécanismes profonds qui expliquent ces observables.
  • « Identité » et « Transpersonnel / Spirituel » renvoient à la motivation qu’il y a à utiliser ces mécanismes et à l’opportunité de réussir à vivre en conscience.

On constate alors que les niveaux logiques s’alignent fort bien sur un ennéagramme de processus ainsi qu’on peut le voir sur le schéma suivant :

Ennéagramme et niveaux logiques de Dilts

Pour résoudre une difficulté à un niveau donné, on peut alors soit intervenir au niveau considéré, soit travailler à un niveau supérieur et profiter d’un « effet de cascade », comme à l’habitude de le faire la programmation neuro-linguistique, soit utiliser les liens que constituent les flèches d’information de l’ennéagramme du processus et profiter de la relation spéciale laquelle chaque point du diagramme est relié à un autre.

Dans cette optique, il se dégage que :

  • En travaillant sur le sens de l’identité d’un individu, il va spontanément procéder à des ajustements dans son environnement (7-1).
  • En changeant son environnement, on peut faciliter ses apprentissages (1-4).
  • De nouveaux comportements peuvent voir le jour avec la mise en place de nouvelles capacités (4-2).
  • Un changement des comportements aura un impact sur la façon de se vivre comme partie d’un tout plus grand que soi (2-8).
  • Un travail au niveau spirituel entrainera des modifications de croyances et de valeurs (8-5).
  • En travaillant sur ses croyances et valeurs, on modifie sa perception de son identité (5-7).

La manière d’utiliser ce processus en accompagnement est explorée en profondeur en formation dans le cadre du cursus certifiant de “Maître-Praticien en ennéagramme envolutif

Jean-Philippe VIDAL le 10 août 2009

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