Ennéagramme et blessures de l’âme : comprendre les liens pour mieux guérir

Beaucoup de personnes engagées dans une démarche de connaissance de soi ont croisé et apprécié la pertinence de l’approche des 5 blessures de l’âme, largement diffusées dans le champ du développement personnel.

Et beaucoup se demandent si elles peuvent être mises en lien avec l’ennéagramme, modèle profond de compréhension de la personnalité.

Si ces deux approches sont différentes dans leur origine et leur structure, les rapprocher de manière nuancée permet d’éclairer certains mécanismes intérieurs, à condition d’éviter les amalgames ou les raccourcis. Cet article propose d’explorer ce lien avec rigueur : d’abord en présentant les cinq blessures de l’âme, puis en expliquant l’intérêt de les mettre en perspective avec l’ennéagramme, avant d’expliciter les correspondances entre types ennéagramme et blessures, empiriquement constatées sur un grand échantillon d’accompagnements en thérapie ou en coaching.

Les 5 blessures de l’âme : de quoi parle-t-on ?

Certaines approches psychologiques identifient des blessures profondes qui seraient à l’origine de nombreux scénarios répétitifs que nous mettons en place et qui nous font régulièrement rejouer des contextes dans lesquels cette blessure est réactivée. Divers auteurs ont exploré cette vision, avec un nombre total de blessures identifiées qui peut varier de l’un à l’autre. Louise Bourbeau a popularisé un angle de vue particulier et qui nous propose “Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même”, vision selon laquelle chaque être humain porte une ou plusieurs blessures émotionnelles fondamentales, vécues principalement dans l’enfance, qui influencent ses comportements, ses relations et sa perception de lui-même.

Une de ces 5 blessures structurerait fortement notre personnalité. Dire qu’une de ces blessures nous structure ne permet pas de poser le moindre jugement sur ceux par qui la blessure est arrivée, dans la mesure où elles renvoient à des vécus subjectifs. Prenons en effet le cas d’un petit enfant que sa maman aurait oublié à l’école, de manière tout à fait exceptionnelle et avec toutes les circonstances atténuantes du monde. Selon l’enfant, cet évènement qui est objectivement le même pourra être vécu soit comme un abandon, soit comme un rejet de qui il est, soit comme une humiliation, soit comme une trahison, soit comme une injustice vis à vis de son frère qui n’a jamais été oublié. De telle considérations interrogent d’ailleurs la part d’inné et d’acquis qu’il y a dans la blessure.

Les 5 blessures sont :

  • La blessure de trahison

    La blessure de trahison se manifeste lorsque la confiance a été rompue de manière marquante. Elle engendre un besoin de contrôle, une vigilance excessive et parfois une difficulté à déléguer. La peur principale est d’être trompé ou manipulé.

  • La blessure d’abandon

    La blessure d’abandon est liée à la peur de la solitude et de la séparation. La personne peut développer une forte dépendance affective, une quête de soutien constant ou une difficulté à être seule. Elle cherche à se sentir aimée et sécurisée dans le lien. Elle peut aussi, en mode réactif, fuir l’engagement et la dépendance pour ne pas en souffrir.

  • La blessure d’humiliation

    Cette blessure est associée à la honte, au sentiment d’être rabaissé ou dévalorisé. Elle peut conduire à des comportements de sacrifice, de sur-responsabilité ou à une difficulté à prendre sa place. La personne craint d’être jugée ou exposée. Elle peut aussi, en mode réactif, conduire à une inflation de l’ego et à des tendances à rabaisser l’autre pour ne pas lui laisser l’opportunité de le faire en premier.

  • La blessure de rejet

    La blessure de rejet apparaît lorsque la personne a le sentiment de ne pas être désirée, acceptée ou reconnue dans son existence même. Elle peut conduire à des stratégies d’évitement, de retrait ou d’effacement. La peur profonde est celle de ne pas avoir le droit d’exister pleinement.

  • La blessure d’injustice

    La blessure d’injustice est liée à un sentiment de froideur, de rigidité ou de manque de reconnaissance. Elle peut conduire à une quête de performance et de contrôle émotionnel. La personne cherche à redresser les tors et pourrait se poser en justicier.

Pourquoi rapprocher ennéagramme et blessure ?

Le lien entre ennéagramme et blessure n’est pas automatique ni strictement équivalent. L’ennéagramme ne parle pas de traumatismes au sens psychologique, mais de stratégies inconscientes de protection mises en place face à une perception du monde vécue comme menaçante.

Il n’existe pas de correspondance officielle ou universelle entre une stratégie ennéagramme et une blessure de l’âme. Les liens proposés ici sont des tendances observables, observées sur un très gros échantillon de personnes accompagnées, et utiles comme pistes de réflexion, mais jamais comme vérités absolues.

Ce que l’ennéagramme apporte au concept de blessure

Rapprocher ennéagramme et blessure permet :

  • de donner une structure claire aux ressentis émotionnels,
  • d’éviter une vision victimisante des blessures,
  • de comprendre comment une blessure peut se traduire en comportements répétitifs.

L’ennéagramme offre une lecture dynamique et évolutive, là où le discours sur les blessures peut parfois figer les personnes dans une identité douloureuse. L’utilisation conjointe des 2 grilles de lecture :

  • aide à mettre du sens sur des schémas répétitifs,
  • favorise l’auto-observation plutôt que l’auto-jugement,
  • ouvre des pistes d’évolution concrètes.

L’ennéagramme rappelle que la blessure n’est pas une fatalité, mais un point de départ pour la conscience et la transformation.

Les affinités ennéagramme blessure

Ennéagramme 1Trahison
Ennéagramme 2Humiliation
Ennéagramme 3Humiliation
Ennéagramme 4Abandon
Ennéagramme 5Rejet
Ennéagramme 6Trahison
Ennéagramme 7Abandon
Ennéagramme 8Injustice
Ennéagramme 9Rejet

Limites et précautions importantes

  • Les blessures ne définissent pas une identité. Un individu est porteur des 5 blessures en proportions variables
  • La structure ennéagramme d’un individu est unique. Elle est le mélange des 9 stratégies utilisées dans des proportions qui signent la singularité de chacun, même quand une des stratégies est majoritaire jusqu’à la caricature.
  • Toute lecture doit rester ouverte, évolutive et non enfermante.

Explorer le lien entre ennéagramme et blessure permet d’approfondir la connaissance de soi avec subtilité. Lorsqu’il est utilisé avec discernement, ce rapprochement éclaire les mécanismes intérieurs sans enfermer, et ouvre un chemin de conscience, de responsabilité et de transformation.

Un travail approfondi sur la psychogenèse (histoire d’enfance) en lien avec l’ennéagramme et les 5 blessures de l’âme fait parti du programme de la formation de maitre-praticien ennéagramme certifiante que nous proposons.

Les questions fréquentes

Non. Les blessures de l’âme décrivent des souffrances émotionnelles, tandis que l’ennéagramme décrit des stratégies de personnalité construites pour y faire face.

Il y a des liens porteurs d’explications logiques, mais aucune équivalence stricte. Ces liens sont des pistes de réflexion, pas des règles.

L’ennéagramme aide à prendre conscience des mécanismes liés à la blessure. Il soutient un chemin de transformation, mais ne remplace pas un travail thérapeutique si ce dernier est nécessaire.

Oui. Tout comme avec l’ennéagramme, l’individu est porteur des 9 stratégies en proportions variables, une personne peut être marquée par plusieurs blessures, avec une dominante.

Parce que leur mise en perspective permet une compréhension plus fine des comportements, en évitant les jugements et en favorisant l’évolution personnelle.