Statistiques enneagramme
Exploitation d’un gisement de données de test pour mieux comprendre l’ennéagramme
Source et démarche
Fondements de ma démarche d’exploration statistique de l’ennéagramme et origine des données
Depuis une vingtaine d’années à présent j’utilise au quotidien l’ennéagramme pour accompagner mes clients autant particuliers qu’en entreprise sur des problématiques variées, tout en l’enseignant dans le cadre d’un cursus certifiant et en travaillant à la rédaction d’un sixième livre sur le sujet. Et à chaque fois, comme au début, je reste émerveillé de la pertinence et de l’efficacité du modèle. J’ai presque envie de ressortir le vieux slogan usé « l’essayer c’est l’adopter » !
J’en suis donc toujours attristé de croiser certaines personnes méfiantes ou même dénigrantes au sujet de cette approche psychologique.
- Pour certains c’est par absence de vrai connaissance du sujet et je les invite à vivre l’expérience avant de rigidifier leurs croyances.
- Pour d’autres, c’est parce que, malheureusement, il circule certaines personnes, pas forcément mal intentionnées d’ailleurs, qui l’utilisent mal et font plus de dégâts que de bien. L’ennéagramme n’y est pour rien. Un même marteau peut être un outil formidable ou bien une arme terrible selon la main qui le manie…
- Pour d’autres enfin, il y a une vraie méfiance, parfois fondée sur leur propre structure que décrit très bien d’ailleurs l’ennéagramme, parfois au prétexte d’un manque de validation scientifique du modèle.
C’est ces derniers qui m’ont inspiré à faire le travail d’analyse statistique ennéagramme dont cet article rend compte.
Il s’agit déjà de définir ce qu’on entend par « approche scientifique ».
Du point de vue de sa construction, l’ennéagramme est un modèle particulièrement rigoureux, construit de façon mathématique (et c’est ainsi que je l’enseigne), et donc entièrement réfutable au sens du principe de Popper, ce qui n’est pas vraiment le cas pour d’autres modèles qui ont pourtant en psychologie acquis leurs lettres de noblesse, comme le principe psychanalytique par exemple.
Du point de vue de la validation, l’outil du psychologue c’est l’analyse statistique sur un échantillon représentatif. C’est sur ce terrain que je tente d’apporter ici ma modeste contribution à l’édifice.
Lancé en 2008, l’écosystème Egokode a récolté une mine de résultats et j’ai donc étudié un échantillon de 27163 résultats, totalement anonymisés pour cette étude. Les données sont issues des passations du test qu’on peut aujourd’hui trouver sous la forme :
- Enneakode gratuit
- Test ennéagramme complet Enneakode
- Egokode, qui mesure l’ennéagramme dans le cadre plus vaste du modèle psychostructure
Limite de l’étude
L’échantillon est constitué de personnes ayant passé un des tests évoqués soit en mode gratuit pour une grande majorité, soit après un achat.
Il existe donc un biais évident, car en l’absence de qualification en amont de l’échantillon, on peut émettre l’hypothèse que certains fonctionnements ennéagramme peuvent être plus attirés ou plus réticents à un passage de test.
Les résultats sont donc plutôt représentatifs d’une sous-population qui apprécie les tests.
Répartition de l’échantillon
Par genre
Parmi les personnes ayant communiqué cette information, on constate au niveau de l’échantillon une répartition :
- Hommes : 45%
- Femmes : 55%
La rumeur qui court dans le monde du développement personnel selon laquelle les femmes s’intéressent plus à la psychologie que les hommes semble donc fondée. Cependant l’écart n’est pas aussi énorme que certains le prétendent…
Par tranche d’age
Parmi les personnes ayant communiqué cette information, en fonction des tranches d’age, on constate la répartition suivante :
| 15-20 ans | 20-30 ans | 30-40 ans | 40-50 ans | 50-60 ans | 60 ans et + |
| 3% | 14% | 24% | 27% | 20% | 12% |
La fameuse crise de la quarantaine ne serait donc pas une légende…
Par stratégie ennéagramme majoritaire
Le modèle posé et utilisé par l’ennéagramme envolutif, qui est exploité dans les tests, réfute une approche selon laquelle nous appartiendrions à un profil ou type ennéagramme.
Il considère, dans la logique du modèle des parties qu’utilise la PNL, que nous avons tous les 9 stratégies à disposition et que nous les jouons toutes dans la journée. Mais nos préférences nous en font survaloriser certaines, avec une stratégie majoritaire qui peut en devenir caricaturale au détriment d’une utilisation équilibrée de notre potentiel.
Cette vision de l’ennéagramme est transmise dans le cadre du cursus de formation ennéagramme envolutif. Nous avons ici examiné quelle stratégie arrive en premier.
| Stratégie 1 | Stratégie 2 | Stratégie 3 | Stratégie 4 | Stratégie 5 | Stratégie 6 | Stratégie 7 | Stratégie 8 | Stratégie 9 |
| Perfectionnisme | Aide aux autres | Quête de victoire | Originalité | Explication du monde | Quête d’approbation | Optimisme | Recherche de pouvoir | Quête d’harmonie |
| 11,33% | 10,95% | 10,85% | 10,55% | 11,67% | 10,43% | 12,51% | 10,60% | 11,11% |
Sur un équilibre parfait, nous aurions chaque stratégie représentée à 100/9=11.11%. Ici on voit que les scores s’étalent entre 10,43 et 12,51, soit un écart type de seulement 0.0065681893.
Il n’y a donc pas d’écart flagrant et cela permet d’appuyer la réponse que je fais parfois à des élèves qui me demandent « est-ce que certains numéros ennéagramme sont plus présents que d’autres dans le monde ? » par l’affirmation qu’il n’y a pas de numéro ennéagramme significativement plus représenté que les autres, en tout cas au niveau de l’échantillon étudié.






























Jean-Philippe VIDAL, le 22 décembre 2025
A suivre…