Mécanisme ennéagramme 7

Portrait de Jean-Philippe VIDAL
Ennéagramme 7

Nous retrouvons ici la problématique de la gestion des peurs, caractéristique du centre mental, avec une orientation vers l’intérieur. Et qu’est-ce qui pourrait mal se passer à l’intérieur ? Que j’ai mal, que je souffre.

Il va donc être question ici d’éviter à tout prix la souffrance. Ce qui pourrait me faire souffrir, c’est le manque de bonheur. Je vais donc affirmer au monde que je suis quelqu’un d’optimiste et d’heureux. L’expression de la joie doit être ici vue comme une garantie anti-souffrance.

Il s’agit de faire en sorte que tout se passe toujours bien, la passion associée à cette base 7 va être la gourmandise : « plus, plus, plus » si un peu est bon, alors plus sera meilleur ! Face à cette gloutonnerie, ce qui va devoir être conquis est la vertu de tempérance, à savoir de se contenter de ce qui est présent ici et maintenant, au lieu de planifier tout ce qui pourrait être fait de plus excitant.

 

D’un point de vue mental, la meilleure façon de ne pas souffrir est d’éviter de se trouver face à une situation sans issue. La fixation est ici nommée planification. Ceci consiste pour le centre mental à passer son temps à imaginer toutes les options possibles. On comprends ainsi pourquoi les individus fonctionnant majoritairement suivant le mécanisme 7 vont avoir du mal à s’engager sur la durée dans une direction donnée, car ceci équivaudrait à se fermer de certaines options.

Le paradoxe est que la recherche débridée du plaisir futur empêche de contacter la pleine satisfaction de la joie vécue dans le moment présent.

 

Vu de l’extérieur, il s’agit de personnes pleines d’énergie, de vie, et d’enthousiasme. Citons Benoît Poelvoorde :  « Ce qui fait courir Benoît Poelvoorde ? Le plaisir tout simplement. L’enthousiasme, c’est quelque chose que je ne veux pas perdre. Je me fous de perdre mes cheveux ou mes dents, mais je n’imagine pas un seul instant perdre mon enthousiasme. »

Il déborde d’idées et lance plusieurs projets de front, parfois pour n’en finir aucun, car lorsque ce qu’il fait commence à l’ennuyer ou à devenir trop routinier, le désir de passer à autre chose prend le dessus. Ce qui est stimulant ici, c’est l’envie de démarrer quelque chose, et non pas, comme en base 3, la concrétisation de ce quelque chose. On a donc affaire à des individus très imaginatifs, curieux et créatifs.

 

La Base 7 va avoir tendance à fuir, à éviter ou à contourner tous ces aspects de l’existence qui s’apparentent d’une manière ou d’une autre à la souffrance : contraintes, limitations, obligations, routine, ennui, culpabilité, victimisation,… Bref, tout ce qui évoque les ombres de la vie. Elle se trouve donc régulièrement prise en tension entre « prendre du plaisir » et « tolérer ces inévitables difficultés » de l’existence qu’elle cherche à naturellement à enjamber au pas de course.

Propos entendu dans un panel de la tradition narrative : « Lorsque je me trouve devant une tâche difficile à réaliser et qui représente une charge, je me demande comment je vais faire pour quand même bien m’amuser tout en me moquant un peu des contraintes et en cherchant à les dépasser tout en sauvant le plaisir de la créativité. »

Le personnage imaginaire qui illustre le mieux cette base 7 est Peter Pan, le petit garçon qui refuse de grandir, car grandir, c’est faire face aux difficultés du monde, et donc c’est souffrir. Extrait de Wikipédia : Venu récupérer son ombre abandonnée lors d’une précédente visite, Peter se trouve face à Wendy. Avide des histoires qu’elle pourra lui raconter et du rôle de mère, fantasmé, qu’elle pourrait accomplir, il la persuade de le suivre jusqu’au pays imaginaire.

 

Au delà de la planification, l’idée supérieure à conquérir sera la concentration, c’est à dire d’arrêter de papillonner pour arriver à rester focalisé sur un sujet suffisamment longtemps, d’aller dans la profondeur des choses.

Le mécanisme de défense qui opère en base 7 est la rationalisation. Ceci consiste à expliquer mentalement que quelque chose qui fait souffrir est en réalité quelque chose de « normal ». Et comme c’est « normal », il n’y a pas lieu d’en souffrir. En guise d’illustration, un très bel exemple de rationalisation qui nous est offert par Casanova : « Ceux qui disent que la vie n’est qu’un assemblage de malheurs veulent dire que la vie même est un malheur. Si elle est un malheur, la mort est donc un bonheur. »

 

Intégration et Désintégration

Intégration : l’apport des caractéristiques positive du 5 l’aide à faire preuve de plus de discernement et de réalisme. L’optimisme débridé fait place à une approche plus rationnelle de la vie. Il devient capable de sentir qu’il est parfois nécessaire de se donner de la peine pour parvenir à ses buts.

 

Désintégration : l’apport des caractéristiques négatives du 1 l’amène à ressentir le besoin de se concentrer pour atteindre son objectif, il travaille de plus en plus dur, en croyant qu’il est le seul à effectuer les choses correctement. Se forçant à rester discipliné, il souffre des limites que cela impose. L’enthousiasme cède sa place à place la critique, et il se met à faire la leçon.

Nicolas DEPETRIS & Jean-Philippe VIDAL
Novembre 2010

© 2010 - EnVOLUTION

Niveau: 
Objectif: