Mécanisme ennéagramme 1

Portrait de Jean-Philippe VIDAL
Ennéagramme 1

Comme nous l’avons vu dans l’article sur les centres, la question du centre instinctif est « Comment survivre ? ». Or, dans une logique de survie, toute erreur peut être fatale.

En Base 1, l’attention est orientée vers soi. Il y prédomine une croyance qui peut être formulée ainsi : « Toute erreur que je pourrais commettre me sera fatale ». En conséquence, la compulsion va être d’éviter toute erreur, quelle que soit sa nature.

Mais n’oublions pas que nous vivons en société. La peur de faire des erreurs va donc être influencée par le système socio-culturel dans lequel nous évoluons. L’erreur redoutée sera celle d’être corrompu, immoral, mauvais. Il en découle un désir profond d’être intégre.

Ce désir d’être intégre va alimenter les affirmations suivantes : « Je suis droit », « Je suis juste », « Je suis travailleur », « Je suis rigoureux ». Et ces affirmations vont se teinter d’une volonté particulière : celle d’avoir des idéaux élevés. Les individus qui font du 1 vont ainsi avoir tendance à se considérer comme les garants de hautes valeurs morales.

 

Les personnes en Base 1 considèrent qu’il y a des choses qui se font, d’autres qui ne se font pas, et qu’il y a une seule et bonne manière de faire ce qui doit être fait. La fixation va être le Perfectionnisme, un souci exagéré de perfection qui ne tient pas compte des contingences de la réalité et qui s’inscrit dans une vision idéalisée du monde. Ceci peut s’accompagner de tendances à l’hallucination négative qui consiste à percevoir des imperfections là où il n’y en a pas. Un autre comportement fréquent : la critique. Après tout, critiquer l’autre est un bon moyen de ne pas être critiqué soi-même.

D’un point de vue comportemental, chez les individus très compulsifs de cette base, on observera l’habitude de tout tracer au cordeau. Il est cependant utile de préciser que le plus souvent ces personnes disposent d’un endroit bien à eux (au tout dernier étage, où personne ne va jamais…) qui leur sert de déversoir, de soupape de sécurité, et où règne généralement un désordre indescriptible. Quand ce lieu n’existe dans le monde réel, il existe dans le monde intérieur de la personne. Dans tous les cas, il y aura systématiquement un espace prévu pour le désordre.

 

Ces comportements reflètent une stratégie d’évitement de la passion associée à la Base 1 : la colère, qui est aussi l’émotion associée à l’expression du centre instinctif. Cette colère, orientée vers l’intérieur et qui ne doit pas être exprimée, entretient la peur de commettre une erreur. Elle impose un paradigme dans lequel se mettre en colère serait la pire des erreurs. Les individus de Base 1 sont donc pris entre le marteau et l’enclume, entre leur colère omniprésente et une interdiction morale de le faire.

Par exemple : je suis dans mon automobile et quelqu’un me coupe la route par la gauche, en violation totale du code de la route. A cet instant précis, la colère monte d’un coup. Mais je ne m’autorise à l’exprimer que par un rictus crispé.

Au niveau corporel, la tension générée par le fait de « retenir » la colère se manifestera en général par des rigidités dans la mâchoire, ainsi qu’au niveau du dos et des épaules.

Le mécanisme de défense utilisé ici est nommé « formation réactionnelle ». Ce mécanisme consiste à transformer une émotion inacceptable (la colère) et à l’exprimer de façon acceptable ou discrète.

Un autre comportement caractéristique du mécanisme 1 est de faire quelque chose immédiatement, pour reprocher par la suite à l’autre de ne pas l’avoir fait. Ce qui s’avère problématique dans un contexte pédagogique ou de transmission de savoir-faire. La vertu à reconquérir est la patience, c’est à dire la capacité à attendre dans le calme.

Et c’est l’idée supérieure de perfection, attitude visant à obtenir le meilleur compromis possible entre l’idéal et la réalité, qui sera la meilleure réponse à la fixation de perfectionnisme.

Si je suis perfectioniste, je focalise mon attention sur ce que j’aurai dû faire et que je n’ai pas fait ou mal fait. En contre-partie, si je suis dans la perfection, je constate que j’ai donné le meilleur de moi-même considérant les circonstances.

 

Intégration et Désintégration

Intégration : l’apport des caractéristiques positive du 7 nous aide à prendre la vie du bon côté, à découvrir la joie, et à accepter le monde tel qu’il est. Nous y gagnons en objectivité et devenons ainsi plus adaptable.

 

Désintégration : l’apport des caractéristiques négatives du 4 nous amène à fuir dans notre imagination pour fuir nos obligations. Nous pouvons alors nous sentir coupable de nos manques et devenir encore plus autocritiques. A l’extrême, nous nous sentons incompris, différents (personne n’a travaillé dur comme nous), ce qui peut nous amener à une grande mélancolie accompagnée de comportements auto-destructeurs.

Mécanisme ennéagramme 1

 

 

Nicolas DEPETRIS & Jean-Philippe VIDAL
Novembre 2010

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