Les flèches

Portrait de Jean-Philippe VIDAL
Intégration et désintégration dans l'ennéagramme

En préambule, rappelons que, comme cela est décrit à la fin de l’introduction aux mécanismes de base, « nos compulsions ne se manifestent pas avec la même intensité tout au long de la journée ». En d’autres termes, le degré d’intégration de chaque individu n’est pas une constante.

Ensuite, précisons que les mots de « stress » et de « sécurité » renvoient à des notions idiosyncratiques, c’est-à-dire que leur sens est à la fois propre à chaque individu, et qu’il peut même varier, chez un même sujet, suivant ses dispositions intellectuelles ou affectives.

Enfin, soulignons que même si le terme « stress » a une connotation négative, c’est souvent dans les périodes difficiles que nous donnons le meilleur de nous-même.

Diagramme de l'ennéagramme

En regardant le diagramme, notez que chaque Base est relié à 2 autres par des flèches (une dont elle est l’origine, et l’autre dont elle est la destination). Ces liens se font suivant l’ordre : 1-4-2-8-5-7-1 et 9-6-3-9.

Il est amusant de constater que diviser 7 par n’importe quel autre nombre entier qui n’est pas un multiple de 7 donnera toujours cette séquence 1-4-2-8-5-7-1 à l’infini :

  • 1/7 = 0,1428571428571428…
  • 2/7 =0,28571428…
  • 3/7=0,42857142…

 

Principes de fonctionnement

Nous avons chacun un schéma affectif de base qui définira, tout au long de notre existence, notre perception du monde. Mais quelle que soit notre Base et les stratégies ou modes d’attention qu’elle emploie, elle ne pourra jamais suffire à faire face la complexité du monde qui nous entoure. Nous avons donc, en plus de ce shéma de base, adoptés deux schémas complémentaires, secondaires. C’est ce qui est illustré par des flèches dans le diagramme. Ces flèches montrent que chaque type de personnalité a potentiellement trois modes de fonctionnement distincts.

Tout d’abord, ce que nous ressentons au quotidien, est influencé par les caractéristiques de notre base Ennéagramme.

Deuxièmement, il y a la stratégie que nous adoptons pendant les périodes de risque ou de stress, quand « la pression monte en nous ». Sous stress (voir plus haut), nous avons tendance à ajouter aux comportements compulsifs de notre base les attitudes négatives de l’ennéatype désigné par la flèche qui part de notre camp de base. Cette flèche donc, est aussi appelée direction de désintégration.

Troisièmement, il y a le mode de fonctionnement que nous adoptons pendant les phases de sécurité émotionnelle. Rassurés, nous nous détendons et ajoutons aux caractéristiques positives de notre base adoptons les attitudes positives de l’ennéatype désigné par la flèche aboutissant à notre point de base sur le schéma. C’est la direction d’intégration.

Autrement dit, différentes situations suscitent chez nous différents types de réponses. Nous y répondons compulsivement selon les directions indiquées par les flèches de l’ennéagramme partant de notre base.

 

Il est indispensable de rappeler qu’il y a du bon dans toutes les bases, ainsi que dans tous les êtres humains. Aussi il n’est pas acceptable de lire parfois qu’une seule des deux bases avec lesquelles les flèches nous mettent en contact doit être utilisée. Quand on parle d’intégration ou de désintégration, il est bel et bien question de décrire des mécanismes compulsifs, qui sont comme des « pilotes automatiques ».

Rappelons-le : L’enjeu est de mettre de la conscience sur ce que nous ressentons et sur nos comportement. Ainsi éclairé, nous pouvons en conscience choisir quelle carte nous souhaitons jouer. Si je suis de Base 8 mais que, par rapport à une situation donnée, je décide en conscience de produire un comportement que l’on pourrait traditionnellement attribuer à la Base 5 (pourtant ma direction de « désintégration »), cela ne pose aucun problème.

 

Pour illustrer ce propos, prenons un exemple avec la Base 1

Mécanisme compulsif d’intégration en 7 :

La personne acquiert de la légèreté, une capacité à respirer. Elle peut « enfin » être contente d’elle. La pression de l’imperfection diminue, il est ainsi possible de se permettre de passer à l’action et de dire « keep cool » ! On découvre l’enthousiasme, l’optimisme, la joie de vivre, et l’on devient plus tolérant : « Je m’accepte et j’accepte le monde ». L’objectivité se développant, l’individu développe une capacité de souplesse et d’adaptation : « J’ai le temps, je peux envisager différents choix, ce n’est pas si grave ».

Influence négative possible du point 7 :

Le côté négatif du point 7 est illustré par le désir de tout posséder et par la colère issue d’années de privations imposées à soi-même. Une sorte de rébellion peut se déclencher, jusqu’à l’adoption d’un point de vue narcissique : « je suis dans mon bon droit, je mérite ce qu’il y a de mieux sans avoir à faire l’effort de l’acquérir, car les meilleures personnes méritent ce qu’il y a de mieux ».

 

Mécanisme compulsif de désintégration en 4 :

Les personne qui font majoritairement du 1 et qui sont désintégrées ont peur de ne pas être à la hauteur des normes élevées de l’excellence, les uns peuvent alors devenir paralysés par la dépression : « si la bonne conduite et le surmenage ne garantissent ni le succès ni le bonheur, que reste-t-il ? Je suis furieux d’avoir tant lutté sans résultat. »

Possibilité d’exploitation positive du point 4 :

En suivant le mouvement de la Base 4, qui consiste à sombrer dans le chagrin et la douleur, les individu ayant un Enneatype 1 se posent plus de questions sur l’existence et sur le sens des choses, ce qui peut les aider à être plus créatifs. « Quels sont mes sentiments envers les autres et non ceux que je devrais ressentir ? », « que voudrais-je faire » au lieu de « que devrais-je faire ».

 

Les manières de prendre en compte les apports des flèches sont étudiées dans le cadre du cursus de “Technicien en ennéagramme envolutif”

 

Nicolas DEPETRIS & Jean-Philippe VIDAL
Novembre 2010

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