Construction des profils Ennéagramme

Portrait de Jean-Philippe VIDAL
Mécanisme de l'ennéagramme

Avant toute chose, faisons un rapide rappel des problématiques de chacun des 3 Centres.

Du point de vue de l’Ennéagramme, la mise en place d’un mécanisme dominant, aussi appellé « Base » ou « Type », résulte de la direction (intérieure, extérieure ou mixte) que nous donnons à la résolution de la problématique posée par notre centre principal (instinctif, émotionnel ou mental).

  • Instinctif : Comment survivre ?
  • Emotionnel : Qui suis-je ?
  • Mental : Comment gérer ma peur ?

A titre d’exemple, un individu dont le centre privilégié est l’émotionnel, et qui orienterait sa recherche vers l’extérieur (Base 2) attend de son interaction avec le monde environnant une réponse à la question « Qui suis-je  ?» .

Se créent ainsi une croyance et une peur associées (NB : « peur » et « croyance » sont inconscientes).

Reprenons l’exemple précédent d’une personne en base 2 : Pour obtenir une réponse à la question essentielle, il est indispensable d’être en lien avec l’extérieur. S’agissant d’émotionnel, la qualité de la relation à l’autre va se mesurer à l’aulne de la quantité d’amour reçu de chaque côté (quelle que soit sa forme). Il naît de ceci la croyance que l’amour est une monnaie d’échange avec l’extérieur. La peur qui s’y trouve associée est celle de ne pas être capable de fournir assez d’amour pour préserver le lien.

Va se mettre en place un désir ainsi qu’une orientation comportementale pour équilibrer cette peur. Il s’agit d’un ensemble de valeurs selon lesquelles nous allons vivre afin de tendre vers la réalisation de ce désir.

Dans notre exemple de base 2, le désir sera d’être aimé. La stratégie d’accomplissement du désir mise en place (orientation) consistera à se mettre dans une position de pourvoyeur afin de mieux recevoir en retour. Et ce même si recevoir plus contraint l’autre à continuer de donner s’il souhaite préserver une relation équilibrée.

Nous allons inconsciemment éviter les situations dans lesquelles notre orientation pourrait être remise en cause. Ce réflexe d’évitement à tout prix s’appelle communément « compulsion ».

Si l’on reste sur l’analyse du mécanisme de la base 2, le meilleur moyen de rester dans une position de pourvoyeur va consister à éviter d’exprimer ses propres besoins : «  Si je n’ai besoin de rien et que je donne, mon solde d’amour reste toujours positif ».

Afin de garantir que cette situation (évitée à tout prix) ne survienne pas, un mécanisme de défense est mis en place.

En base 2, le mécanisme de défense est la répression : il s’agit de supprimer tous les comportements et expressions de sentiments qui pourraient entrainer une désapprobation des autres.

Plus la compulsion est présente et « pilote » l’individu, moins ce dernier est libre de ses choix. Il va adopter des comportements prévisibles et stéréotypés qui peuvent parfois tendre vers le dysfonctionnel. Ce processus inconscient et progressif de « descente aux enfers » est appelé désintégration. Quand, au contraire, l’individu prend conscience de sa compulsion, voire commence à la maîtriser, il reprend les rênes et devient libre de ses choix. Ce processus est appelé intégration.

La compulsion engendre des travers de personnalité, que l’on appelle « passion » sur le plan émotionnel et « fixation » sur le plan mental. La passion est l’émotion principale vécue par un individu quand il est sous l’emprise de sa compulsion. La fixation est un attachement à un mode de satisfaction, un jeu de croyances dont il est difficile de s’extraire.

Dans le mécanisme de la base 2, la passion est l’orgueil (« je n’ai besoin de rien, je peux tout te donner »). La fixation est la flatterie (« Oh que c’est beau ce que tu fais !»). Si l’interlocuteur visé est jugé inapte à fournir le retour espéré, ceci déclenchera une attitude de dédain.

En s’intégrant, l’individu devient capable d’accéder au pendant positif de son mode de fonctionnement, que l’on appelle « vertu » sur le plan émotionnel et « idée supérieure » sur le plan mental.

Dans notre exemple de base 2, il est aisé de déduire que la vertu est l’humilité, c’est à dire l’inverse de l’orgueil. L’idée supérieure est la liberté : Tout flatteur vivant au dépend de celui qui l’écoute, pour paraphraser Lafontaine, il ne peut y avoir de liberté s’il y a flatterie.

Il est utile de préciser qu’au fil d’une journée nos compulsions ne se manifestent pas avec la même intensité. Par exemple, il est possible que le matin, me levant de bonne humeur, je me sente « intégré ». Puis l’annonce d’une mauvaise nouvelle me fera ressentir un grand stress, me faisant vivre l’expérience de la désintégration. Par la suite, un courrier m’annonçant une bonne nouvelle m’aidera à recontacter un mode intégré, peut-être même à un niveau supérieur qu’à mon réveil. Ceci pour souligner que le degré d’intégration de chaque individu n’est pas une constante.

Le travail sur soi, notamment par le biais de l’Ennéagramme, a pour objectif de nous éviter de subir ces états pour mieux les reconnaître, mieux les comprendre et surtout mieux les vivre.

Schéma global d'un mécanisme ennéagramme

 

Nicolas DEPETRIS & Jean-Philippe VIDAL
Octobre 2010

© 2010 - EnVOLUTION

Niveau: 
Objectif: