L’ennéagramme des bénéfices secondaires

Portrait de Nicolas DEPETRIS
Ennéagramme des bénéfices secondaires

Dans une démarche d'accompagnement, qu'il s'agisse de thérapie ou de coaching, la première séance, dite d’anamnèse, est en général l’occasion d’aborder la situation à laquelle vous êtes confronté, et de jeter un premier coup d’œil sur les difficultés que cela engendre, mais aussi sur les « avantages inconscients » de cette situation, qui sont fréquemment appelés « bénéfices secondaires ». Un bénéfice secondaire peut être défini comme un gain inconscient lié à un comportement paraissant négatif. A titre d'exemple, l'Ennéagramme nous présente 9 mécanismes d'adaptation au monde, 9 façons possible de nous prémunir des agressions potentielles du monde extérieur. On comprend bien l'utilité de tout cela. Le souci étant, qu'à la longue, ce qui a été mis en place pour me protéger, devient limitant.

 

L'enjeu, dans une démarche d'accompagnement, consiste donc à mettre en lumière le comportement problématique, puis ce en quoi il constitue un bénéfice pour la personne, et enfin à le remplacer par un nouveau comportement entraînant de plus forts bénéfices dans le but de parvenir à une meilleure écologie personnelle.

L'Ennéagramme des personnalités peut se révéler être un précieux atout pour le coach qui cherche à identifier le bénéfice secondaire lié à la situation problématique de son client. Précisons que les éléments proposés ci-dessous ne sont pas des « règles absolues », mais des observations empiriques fruits de l'expérience de l'auteur :

 

 

  1. La punition : ce que je vis me punit de ma culpabilité ressentie par rapport à une faute réelle ou imaginaire que j’aurais commise… Ex : « Je n’aime pas que l’on me fasse des démonstration d'affection, car je suis incapable de montrer ma gratitude comme il faudrait »
  2. L’exutoire : mon vécu est la manifestation, le symptôme, d’une autre difficulté. A titre d’illustration : « Je prends énormément de poids » peut avoir pour origine le fait de tout faire pour les autres et de ne jamais reconnaître ses propres besoins.
  3. La reconnaissance : ma douleur me permet d’obtenir la reconnaissance, l’affection, la compassion d’autrui. Typiquement : « Je gère mal mon départ en retraite, mais finalement, cela m’a rapproché de mes enfants ».
  4. L’identité : le symptôme est ici la raison d’être. Il fait partie de ma vie, de mon identité et de mon image… Ex : « Mes débordements émotionnels sont difficiles à gérer pour les autres, mais que serais-je sans ça ? »
  5. L’occupation : j’ai un comportement problématique qui m’occupe l’esprit, ce qui m’évite de penser à un autre problème qui peut me sembler plus effrayant. Ainsi, « Je passe ma vie sur mon ordinateur » peut être la face visible de « j’ai une peur panique de manquer d'informations pour réagir»
  6. La loyauté : un blocage qui valide notre loyauté aux croyances familiales, à notre passé, à nos ancêtres, etc…« J’aimerai bien exploiter mon talent artistique, mais on ne peux pas vivre d’une passion »
  7. La protection (vis à vis de soi) : mon souci me protège d’une véritable problématique que j’ai peur d’affronter. Un cas classique est celui des gens qui sont colériques à la maison car ils n’osent pas reconnaitre qu’ils souffrent au travail. L’excuse (vis-à-vis des autres) : ici la limite rencontrée nous sert d’excuse pour ne pas en affronter un autre. « Je conserve ce travail qui me déplait car la survie de ma famille en dépend » peut cacher « j’ai peur de ne pas être un bon père/mari ».  
  8. Le défi : mon problème me prouve que je suis capable de lui faire face, au cas où j’aurais des doutes… En guise d’illustration : « Je n’accepte jamais l’aide des autres, ça m’aide à savoir que je peux survivre tout seul ».
  9. L’habitude : le problème est une habitude rassurante par rapport à l’inconnu qui me fait peur. Par exemple : « Je n'exprime jamais mon avis car j'ai peur de la réaction des autres ».

 

Nicolas DEPETRIS
le 24 novembre 2011

© 2011 - EnVOLUTION

 

Niveau: 
Objectif: