Gestion du stress : les flèches de l‘ennéagramme, une clef pour s’en sortir

Comprendre les conséquences négatives du stress et les facteurs qui le favorisent

Entre exigences professionnelles, responsabilités familiales, pression sociale et surcharge informationnelle, le stress s’impose comme un compagnon quotidien de la plupart d’entre nous. S’il peut parfois être bénéfique à court terme en stimulant la motivation et la performance, le stress chronique représente un véritable danger pour la santé physique, mentale et émotionnelle, et nécessite une vraie démarche de gestion du stress.

Gestion du stress avec les flèche de l'ennéagramme

Les conséquences négatives du stress

Le stress est une réaction naturelle de l’organisme face à une situation perçue comme menaçante ou exigeante. Il déclenche une série de réponses physiologiques et hormonales destinées à mobiliser l’énergie nécessaire pour faire face au danger. Cependant, lorsque cette réaction devient excessive, prolongée ou mal gérée, elle peut avoir des effets délétères sur l’organisme. Mal géré, le stress aura des conséquences négatives sur :

  • La santé physique

    Le stress affaiblit le système immunitaire, rendant l’organisme plus sensible aux infections, aux inflammations et aux maladies chroniques.

    Le stress chronique perturbe le sommeil. Une gestion du stress inefficace peut ainsi conduire à un cercle vicieux d’épuisement physique.

  • La santé mentale et émotionnelle

    Une exposition prolongée au stress augmente le risque d’anxiété, de dépression et de burn-out. Les personnes stressées peuvent ressentir une irritabilité constante, une perte de motivation, une baisse de l’estime de soi et un sentiment de débordement permanent.

    Le stress chronique altère également les capacités cognitives. Les troubles de la concentration, les difficultés de mémorisation et la diminution de la prise de décision sont fréquents. Sur le plan émotionnel, le stress peut provoquer des sautes d’humeur, une hypersensibilité et un sentiment d’isolement.

  • La vie sociale et professionnelle

    Le stress ne touche pas uniquement l’individu, mais impacte également ses relations sociales et sa vie professionnelle. Une personne soumise à un stress constant peut devenir plus impatiente, moins disponible émotionnellement et plus conflictuelle. Les relations familiales, amicales et de couple peuvent alors se détériorer.

    Dans le cadre professionnel, une mauvaise gestion du stress est souvent associée à une baisse de productivité, une augmentation de l’absentéisme et un risque accru d’erreurs. Le stress au travail peut également conduire à l’épuisement professionnel, avec des conséquences lourdes pour l’individu comme pour l’entreprise.

Les principaux facteurs qui favorisent le stress

Pour améliorer la gestion du stress, il est essentiel d’identifier les facteurs qui le favorisent. Parmi les plus courants figure la surcharge de travail, des objectifs irréalistes, des délais serrés et un manque de reconnaissance, qui contribuent fortement au stress professionnel.

Les facteurs personnels jouent également un rôle important. Le perfectionnisme, le besoin de contrôle, la peur de l’échec ou encore la difficulté à poser des limites augmentent la vulnérabilité au stress.

Dans tous les cas de figure, on constatera que le stress est lié à un ressenti d’être piégé dans une situation qui nous domine, au fait de manquer d’options, de choix, pour prendre le dessus dans cette situation.

L‘intérêt de l’ennéagramme pour la comprehension et la gestion du stress

L’approche ennéagramme nous dévoile que nous avons tous 9 stratégies de réponse aux événement de la vie, et que chacune a son utilité, selon la situation (pour une description plus précise de ce qu’est l’ennéagramme, je vous invite à parcourir nos articles ou à profiter de notre Elearning d’initiation gratuit).

Mais elle nous dit aussi que nous avons une forte tendance à privilégier certaines stratégies et à les jouer dans des moments où d’autres seraient plus pertinentes.

Le cas extrême, c’est quand, sous l’effet du stress, on en finit par ne plus jouer que notre tendance préférée… Typiquement, on entre alors dans un schéma où il n’y a plus de choix, terreau de prédilection de la montée du stress !

Une bonne démarche au service de la gestion du stress consistera donc à s’approprier toutes ses stratégies ennéagramme, à mettre de la souplesse dans son jeu, ce qui permettra, en cas de difficultés, d’avoir des options pour tenter autre chose, quand quelque chose ne marche pas. Sinon, c’est l’autoroute vers plus d’anxiété et plus de stress !

Mais dans les cas où l’individu reste focalisé sur une seule stratégie, il va entrer dans le processus que l’approche ennéagramme nomme « désintégration ». Il va de plus en plus jouer ce qui ne marche pas, et moins ça marche, plus il va insister, créant un cercle vicieux aux conséquences clairement identifiées.

Les flèches et la désintégration dans l’ennéagramme

Les flèches de l'ennéagrammeEn regardant le diagramme de l’ennéagramme, nous constatons que chaque stratégie est relié à 2 autres par des flèches (une dont elle est l’origine, et l’autre dont elle est la destination). Ces liens se font suivant l’ordre :

  • 1=>4=>2=>8=>5=>7=>1=>…
  • et 9=>6=>3=>9=>…

Il est amusant au passage de constater que diviser 7 par n’importe quel autre nombre entier qui n’est pas un multiple de 7 donnera toujours cette séquence 1-4-2-8-5-7-1 à l’infini :

  • 1/7 = 0,1428571428571428…
  • 2/7 =0,28571428…
  • 3/7=0,42857142…

Si nous privilégions une stratégie donnée parmi les 9 dans un contexte stressant, sans nous ouvrir à la possibilité de jouer les autres, nous restons bloqué dans une certaine perception induite du monde, qui ne pourra pas à elle seule suffire à faire face la complexité du monde qui nous entoure, induisant une mauvaise gestion du stress.

Et si nous restons bloqué sur cette stratégie, si nous y faisons une « fixation », nous nous enfonçons dans ce que l’approche ennéagramme appelle la « désintégration ». Nous devenons de plus en plus caricaturaux d’un mode de fonctionnement qui n’est pas vraiment le plus adapté à la situation…

Et si nous persistons, le modèle de l’ennéagramme nous dit que nous ajouterons alors à nos comportements les caractéristiques les plus négatives du point désigné par la flèche sur le diagramme.

Prenons l’exemple de la stratégie 1 pour illustrer concrètement le propos.

On parle ici de « Perfectionnisme », de volonté que les choses soient bien faites avec tout à sa bonne place. Si je suis dans une situation où le perfectionnisme n’est pas la solution et que je n’adapte pas ma stratégie, je vais rencontrer un point dur auquel je vais vouloir répondre par plus d’exigence de perfection. Je vais devenir plus rigide, plus jugeant, dans une situation où ce n’est pas une bonne idée. La réponse de l’environnement ne sera donc pas celle que je souhaiterais et cela me rigidifiera encore, créant un retour toujours plus négatif et stressant de l’environnement…

A l’intérieur de cette boucle infernale, à un moment donné, je vais me « désintégrer en 4 » (point désigné par la flèche de l’ennéagramme quand on part du 1), c’est à dire que je vais déclencher une peur de ne pas être à la hauteur des normes élevées de l’excellence que je revendique, pouvant aller jusqu’à une paralysie dans la dépression : « si la bonne conduite et le surmenage ne garantissent ni le succès ni le bonheur, que reste-t-il ? Je suis furieux d’avoir tant lutté sans résultat. »

Ce court exemple n’a pour but que de vous faire saisir la logique du mécanisme. Chaque flèche mérite d’être explorée avec beaucoup plus de profondeur pour y trouver les trésors de compréhension qu’elle recèle.

En mettant en conscience ces mécanismes à l’intérieur de nous, nous pouvons sentir le « piège » arriver et nous en détourner, par exemple en changeant la stratégie que nous déployons face à la difficulté.

Le sujet est riche et vaste et déborde largement des objectifs de cet article d’introduction. Vous pouvez étudier toute la richesse du modèle et les façons d’en tirer parti pour mieux gérer le stress dans notre module « Dynamique de l’ennéagramme ».